Nicolas Sarkozy a terriblement besoin de se montrer. Contrairement à ses fantasmes d’une presse à 95% contre lui, le ministre de l’intérieur, président de l’Union pour un mouvement populaire (U.M.P.) est plutôt apprécié des medias. Nicolas Sarkozy est un bon client, qui en redemande d’ailleurs. Sa grande présence médiatique et sa popularité est aussi le résultat d’un jeu avec la gauche qui aliment le phénomène en parlant pour lui.
Une polémique, n’est pas un débat. Le rôle de se derniers est de construire quelque chose, et de stimuler les imaginations. Une polémique n’apporte rien d’autre de manière qualitative et quantitative qu’elle-même. Nicolas Sarkozy est un véritable athlète de cette catégorie. Pour exemples, les propos sur le nettoyage « au karcher » des Cités défavorisé, sur « la démission des juges », la France que l’on aime ou que l’on quitte. Quand il dit en Juin 2005, qu’il est nécessaire de nettoyer la Cité des 4000 « au karcher ». Il ne fait pas du tout avancer le débat. Il n’a pas fait avancer non plus la situation, car les 4000 ne sont pas toujours pas plus « propres » qu’auparavant.
Durant les émeutes de Novembre 2005, les grandes controverses qui agitaient la société française ce n’était pas les questions urbaines, économiques et sociales. Le vrai problème pour beaucoup à gauche, c’était moins la ségrégation spatiale ou le racisme que les écarts rhétoriques du ministre de l’intérieur très tard le soir quelques jours auparavant. « Racailles » a complètement occulté un débat plus important et plus complexe, qui a sûrement le défaut de concerner la gauche et sa mauvaise gestion des « banlieues ».
Nicolas Sarkozy créer lui-même sa contestation. Pourtant, au lieu de voir le piège, les opposants de Nicolas Sarkozy, ont préféré voir dans le karcher ou dans la dénonciation de la « racaille », l’Alpha et l’Omega de la politique sécuritaire du ministre. La simplification est préférée au complexe et à l’analyse. Le sensationnel des provocations joue un rôle déterminant. Je n’ai pas vu beaucoup tout ceux qui se sont acharné contre l’emploi du mot « karcher » contre les propos anti-laïcs de Nicolas Sarkozy, dans son livre La république, les religions et l’espérance(2005), voulant acheter la paix social dans les quartiers défavorisés par la religion et des religieux difficilement fréquentables.
Des publications comme Le Canard Enchaîné ont fait du karcher un sujet inépuisable sur Nicolas Sarkozy, à tel point que ce dernier ne se réduit qu’à cela En effet, Nicolas Sarkozy a été tourné en dérision, mais c’était le but choisi. Cela a permis une simplification extrême de sa politique et de sa pensée et une présence surdimensionnée, au vu de l’apport critique dans le débat. Je suis un peu sévère sur le canard enchaîné qui fait très souvent preuve d’analyses critiques et pertinentes du ministre de l’intérieur. Par contre, sur Canal +, tout va à sens unique. La chaîne payante, pour se donner des gages de radicalité et de subversion qu’elle n’a pas, par le biais des Guignols de l’info notamment, se croit obliger de le caricaturer sans profondeur et sans subtilité. Nicolas Sarkozy est une invention de la gauche. Les opinions de Nicolas Sarkozy constamment mises dans des caricatures, des affiches, des tracts, des « petites phrases », et autres vidéos pitoyables sur You Tube sont très souvent des mauvaises qualités argumentatives. Ainsi la vidéo Le vrai Sarkozy qui circule sur Internet, mêle à une vitesse spectaculaire des propos du ministre de l’intérieur sur sa politique en matière de sécurité et des violences et bavures policières. La machine est bien huilée mais très manipulatrice. Comment mettre sur le même plan le « Sarko-show » et les comportements critiquables des policiers, qui n’ont pas attendu Nicolas Sarkozy pour exister ? Quand une bonne partie de la gauche comprendra t’elle qu’assimiler Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen est biaisé, et profite aux deux intéressé.
Si Nicolas Sarkozy n’existait pas, la gauche devrait l’inventer. Il lui est utile pour cacher son vide idéologique. Et cela concerne toutes les gauches à de moindres degrés : parlementaire, révolutionnaire, autoritaire, anarchiste, modéré, gauchiste etc. Nicolas Sarkozy, sert au moins à rallier la gauche, hétéroclite de tout temps, à une cause commune.
Se définir, passe par la constitution d’un ennemi. Pour la gauche : le capitalisme ? : Trop daté ; le néo-libéralisme ? : Pas assez conciliateur ; la droite, tout simplement ? : Quand on voie l’état actuel du clivage droite/gauche, ce n’est pas très commercial. Qu’est-ce qu’il peut bien rester ? Nicolas Sarkozy ! Il représente à lui seul la droite, que la gauche veut affronter : agressive, «populiste», atlantiste, réactionnaire, impitoyable, bourgeoise, égoïste, antisociale, bref caricaturale. Le ministre de l’intérieur est devenu rapidement la cible idéale. L’insécurité, c’est Sarkozy ! La sécurité c’est Sarkozy ! Le racisme, c’est Sarkozy ! La misère, c’est Sarkozy ! Les bavures, c’est Sarkozy ! Etc.
Bientôt on en arrivera à l’explication du trou de la couche d’ozone, du monstre du Loch Ness, ou de la descendance royale du Christ…. Le mot « racaille » quand il est prononcé par un certains nombre de personne, ne choque personne et donne même l’impression enviable d’un parler vrai ». Par contre, quand il sort de la bouche de Nicolas Sarkozy, branle-bas de combat ! Nicolas Sarkozy est accusé de tous les maux possibles. La gauche s’obstine à voire en lui, un raciste, un homophobe, simplement, parce qu’il prône une politique dure vis-à -vis de l’immigration et qu’il s’oppose au mariage homosexuel.
Nicolas Sarkozy n’est pas un génie de la politique. Faire parler de soi sur un sujet qui n’en mérite pas la peine n’a rien de nouveau. Déjà dans l’Antiquité, l’aristocrate athénien Alcibiade avaient coupé la queue de son chien afin que l’on parle de lui, et surtout que l’on évite de parler de ce qui lui fait du tort. En dehors du monde politique, on retrouve des gens comme Madonna dans la chanson ou José Morinho dans le football qui ont fait de la provocation leur fond de commerces. Il y a plein de gens médiocres qui recourt à cette technique. En politique le grand mentor, reste Jean-Marie Le Pen.
Il faudrait un jour se questionner sur l’influence (non exclusive évidemment) exercé par les opposants de gauche au Front National sur l’irruption de celui-ci dans les années 80, en médiatisant des polémiques comme le « point de détail » qui n’auraient jamais dû sortir de là où elles ont été dites. Ségolène royal, l’adversaire socialiste de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentiel surfe aussi sur les provocations, passant par exemple en quelque semaine de «pétainiste » à « maoïste ».
Finalement, écarté les petites polémiques sans intérêt pour faire parler de lui, que connaît t’on réellement des programmes et des idées des Royal, Le Pen et Sarkozy ?
Nicolas Simon
Contestation et publicité ?
A la lecture du présent article, d’aucuns pourraient penser que je cherche à montrer que critiquer un adversaire, c’est lui faire de la propagande ? Donc, à quoi bon contester.
Noël Mamère et Patrick Farbiaz dans leur ouvrage La vie rêvée du loft publiée en 2001 analysant la célèbre émission de TV réalité renvoie cet argument nihiliste. Selon les auteurs, si on suit cette logique « José Bové participe à la promotion des OGM, les associations de chômeurs à la promotion des ASSEDIC, les sans-papiers à la promotion de Chevènement et à Pasqua, les anti-nucléaires à la promotion d’EDF, du CEA et de la Cogema ». Ils ont parfaitement raison, mais attention à ne pas assimiler Loft Story, un épiphénomène télévisuel qui ne mérite la polémique qui a suivi, que les précédents auteurs contribuent, et des questions sociales plus importante. N’en déplaise à Mamère et Farbiaz qui explique le « loft » à coup de citations de Pierre Bourdieu ou de Michel Foucault.
Ma vision défendu dans « La gauche aime t’elle Nicolas Sarkozy » n’est pas du nihilisme. J’ai cherché à montrer qu’il fallait être prudent aux propos de Nicolas Sarkozy, et des autres politiciens. Il faut être prudent d’assimiler le karcher (ou la dénonciation des « racailles ») à la politique entière de Nicolas Sarkozy. En bref éviter, les polémiques sans intérêts qui cachent les profondeurs idéologiques.
Nicolas Simon
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