Il faut tuer la science : mise à mort d’une idéologie.
Ce texte est une critique mĂ©taphorique de la science comme idĂ©ologie. Il participe Ă une contestation, plus globale, du progrès comme bien en soi en divaguant sur son bouclier … la science. Il n’a pas pour vocation d’ĂŞtre empirique, c’est-Ă -dire que ce texte ne prouve pas ce qu’il avance ; ce n’est pas son but.
Quand donc les machines se dĂ©barrasseront des hommes ? ProblĂ©matique de science-fiction que voilĂ ! Et pourtant … Question qui nous amène Ă celle motivant cet article : quelle rĂ´le se taillent les technologies et la science plus gĂ©nĂ©ralement dans nos sociĂ©tĂ©s ultra-techniques ?
Prenons une carriole, une charrette, considĂ©rons lĂ comme une - sinon LA - science. Les conducteurs seraient alors les scientifiques, les chercheurs, etc. … Gageons que pour qu’une science soit science il faut pour cela qu’elle soit autonome, c’est-Ă -dire qu’elle ait une capacitĂ© d’évolution propre. ConsidĂ©rons que les chevaux sont les outils mĂ©thodologiques servant Ă apprĂ©cier une science. Munie de chevaux la carriole peut donc avancer, le choix de ceux-ci n’est donc que question d’approche mĂ©thodologique. Dire que le choix du cheval est sans importance est faux cependant, il reste subsidiaire quant Ă notre motivation, prĂ©occupation, rĂ©elle. C’est-Ă -dire le contenu de la carriole.
Car là est la défaillance de « nos » sciences, à quoi sert une carriole lancée à pleine allure si elle ne transporte rien ni personne ? A quoi sert la science si l’on ne peut y accéder ?
Dans nos sociétés la carriole se donne une vie propre, elle n’a besoin que de conducteurs, de chevaux et de ravitaillements pour ceux-ci. Les ravitaillements n’ont qu’une utilité : la survie des acteurs nécessaires à la science. Ravitaillement fourni par une Elite, étatique ou non. Elle oublie qu’elle est née des mains et des têtes des hommes. En mouvement elle oublie.
Elle avance sans se soucier de ceux qui restent derrière, sans voir les dégâts que son éloignement produit. Elle n’est plus l’œuvre des hommes mais de certains hommes, seuls ceux-ci et ceux encore nécessaires - les ravitailleurs - peuvent encore y accéder. Dès lors ses roues portent des faux et elle n’est plus qu’idéologie. Elle oublie qu’elle vient des hommes et de la terre dans un désir fou d’être, lorsque elle avance à tombeaux ouverts, Dieu. Celui qu’elle avait jurée de détruire, afin que l’homme se défasse de ces chaînes. Cette volonté comme aspiration à LA vérité, au contrôle total.
Nous n’avons plus le choix il nous faut l’abattre, se saisir de nos têtes, de nos mains et des livres et des armes, pour jeter à bas la nouvelle idole. Pour stopper la carriole folle fauchant les vies. De nouveau il nous faudra tuer Dieu.
Croquemitaine
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