La Grèce est-elle un pays si lointain que de là bas rien ne vient jusqu’à nos oreilles ? Le vent est-il si cruel qu’il ne nous rapporte aucun écho de la contestation hellénique ?
Depuis près de trois semaines les étudiants grecs sont pourtant en lutte. Et si vous voulez tout savoir ils l’étaient déjà en Juin dernier. La Grèce avait alors connut le plus grand mouvement étudiant de son histoire. Mais comme la Grèce n’est pas la France et que les médias dominants se fichent bien de faire de l’information … A la manière de Oaxaca passée sous silence la presse conserve un retrait que l’on ne peut pas (plus) croire neutre. A l’époque, seule la toile n’avait pas faillit. Aujourd’hui encore il faut partir à la pêche pour savoir ce qui se passe ailleurs.
Alors que se passe t-il en Grèce ? La contestation estudiantine prend son point d’ancrage dans la volonté du pouvoir grec (avec l’appui des sociaux démocrates du PASOK pourtant considéré dans l’opposition) de revoir l’article 16 de la constitution grecque. Cet article garantit un enseignement de qualité, gratuit et surtout public pour tous les citoyens grecs. Il déclare sans ambiguïté que seul l’Etat peut fournir ce service et que toute personne privée est interdite explicitement de le faire à sa place ou de manière parallèle. Le gouvernement veut ainsi privatiser et libéraliser l’éducation pour la soumettre aux lois du marché, et notamment de l’assurément sainte concurrence. Pour ce faire il faudra aux universités se doter d’un manager s’infiltrant dans la vie économique et installant une méritocratie douteuse. Les universités tumultueuses pourront ainsi être écartées et mises sur la touche. Le message est clair le gouvernement veut laisser tailler ces étudiants au bon vouloir du marché et les étudiants seront récompensés si ils sont sages et obéissants. Il est aussi question de la préservation de l’asile universitaire qui empêche la police d’intervenir dans les campus.
Comme en France avec le mouvement du printemps 2006 la question de l’éducation se pose. Reste que celle-ci ne peut nullement être considérée de manière autonome, il faut la replacer dans un contexte général et une réflexion globale. Mais cela n’est pas dans l’intérêt des autorités, des médias, et de tous ceux qui dominent les différents champs de notre société.
Croquemitaine
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