« Nous sommes ce que vous avez fait de nous » Un enfant de mineur mutant dans La colline à des yeux version 2006. 

 Mais comment peut-on aimer ça ? (Ajouter une mine pincée et des sentiments policés et vous aurez le tableau complet).

 Et oui, voici la question lancinante des anti-horreurs. Comment peut-on aimer cette violence, cette odeur de charogne décomposée, cette texture sale, poisseuse, ces jets d’hémoglobines incontrôlés, comment peut-on aimer la tension, la peur, ou, et cela pour respecter la logique, l’horreur ? 

Je parlerais ici du genre cinématographique ; désolé pour la littérature d’horreur qui a de quoi remuer elle aussi, n’en doutons pas un instant. Plus précisément même de films d’horreurs sortis sur les écrans noirs  assez récemment, bien que je m’autoriserais quelques références historiques.

En cette époque sombre et trouble le cinéma ne tient plus une forme d’enfer. L’Amérique Hollywoodienne est tourmentée. Tourmentée d’abord par cette fichue télévision et ses séries, concédons le, bien réalisées, qui réduisent l’écart entre le cinéma et la télé.  Qu’apporte donc le cinéma d’horreur ?  Et bien déjà un dose de frisson, ensuite des films chocs ou décalés. L’horreur est un genre intéressant, car subversif pour ce qu’il est. Les grands du genre peuvent se targuer de le doublé d’un message politique qui fait bien défaut aux blockbusters propres sur eux. Carpenter ou Romero sont de ceux là.  

L’horreur porte la subversion en son sein, il provoque, il montre ce qui ne se montre pas, joue avec la mort, danse avec la violence. Beaucoup ne l’apprécie guère. Et pourtant n’est ce pas là le reflet de nos sociétés ? Cette violence maladives qu’ici explose sous une hache n’est elle pas celle qui imprègne les rapports humains, l’horreur n’est elle pas métaphore et / ou hyperbole de nos relations aux autres ?   Je le crois.  

L’horreur dérange, le genre dévoile la violence de nos comportements, leurs bêtises aussi souvent, leurs effets (d’où l’on tire scénarios apocalyptique  par exemple). Combien de zombis ont été réveillés par des radiations ? Les mutants de La colline a des yeux ne sont ils pas le fruits des essais nucléaires du gouvernement des Etats-Unis d’Amériques. Dans Severance de Cristopher Smith le ton est à l’humour mais le sarcasme va plus loin, les vendeurs d’armes subissent la loi de celles qui ont vendus et le monde de l’entreprise en prend allégrement pour son grade. Du même réalisateur Creep  se dote d’une, sinon de la, meilleure scène finale du genre. Et que dire du jeune réalisateur Lucky Mac Kee et sa manière de nous déranger avec des personnages fascinants, hors normes (May, et Sick Girl dans les Masters of Horror).  

Alors vive l’Horreur ! Heureusement que ce cinĂ©ma est lĂ  pour nous bousculer et nous rentrer dedans. Il nous permet de ne pas devenir des zombis … Et de ne pas manger la cervelle des autres … 

  Image issue de La colline a des yeux version 2006

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One Response to “L’Horreur ; un genre subversif.”
  1. On avril 16th, 2007 Sargeb said:

    Bien bien! J’aime bien! (mĂŞme si l’horreur c’est pas mon truc, il faut lui reconnaitre certaines vertus)

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